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October 31, 2012
October 31, 2012

Bus «réservés aux grecs»

Author: 1AgainstRacism Translator: Athena Constantinou
Source: 1AgainstRacism  Category: Antifascism
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Bus «réservés aux grecs»

Rosa Parks

Rabab est née en Grèce en 1983. Ainsi que ses deux frères; ainsi que son enfant. Son jeune fils n’en est qu’à la troisième année de sa vie, mais il a déjà découvert son côté le plus cruel: celui de l’intolérance et du racisme au sein de son propre pays.

«Il était 18h50, quand le bus dans lequel nous étions a atteint notre destination, la station Batis au Phalère» raconte Rabab, qui porte le voile. «J’attendais que les autres passagers descendent, étant donné que j’avais le petit dans la poussette. Quand mon tour est arrivé et que j’ai commencé à descendre tranquillement, j’ai vu la porte se refermer sur la poussette violemment. C’était un grand bus et je me trouvais à l’arrière. «Tu ne vois pas la poussette?» j’ai crié au conducteur. Il a immédiatement ouvert la porte mais seulement pour la refermer de manière brutale. Il l’a ouverte et refermée sur mon enfant trois fois de suite. S’il avait laissé sa petite main dépasser, il la lui aurait arrachée…» raconte la jeune femme.

«Si tu n’ouvres pas la porte, j’irai porter plainte sur-le-champ» a-t-elle crié au conducteur pour une dernière fois. Et lui, énervé, a violemment ouvert sa portière et est descendu du bus pour la rejoindre. Il a quasiment collé son visage contre le sien et s’est mis à la railler: «C’est contre moi que tu vas porter plainte? T’es qui, toi?» disait-il en s’adressant à la jeune femme, qui connaît ses droits et n’a pas peur de les revendiquer. «Va plutôt crever en mer et rentre dans ton pays. Et si je te croise de nouveau dans la rue, je ne te laisse pas entrer dans le bus» s’est exclamé le chauffeur furieux avant de s’en aller.

«Ma mère, qui était avec nous, était ahurie» rapporte Rabab. «Elle cherchait à protéger le bébé, prise de panique. Les passagers du bus ne parlaient pas et dans la rue personne ne montrait d’intérêt. Ils ne faisaient que regarder, et moi j’avais perdu la tête. L’enfant hurlait. Il était terrorisé par ces voix et cette porte qui se refermait sur lui. Et depuis, depuis le 9 septembre, date de l’évènement, il s’en souvient. A chaque fois, avant de monter dans le bus, il me pose la question «on va me coincer la main à la porte? Le chauffeur va me frapper?».Il me demande de le prendre dans mes bras parce qu’il a cette peur dans le bus et le trolley.

Rabab, elle, originaire d’Egypte, a déjà été confrontée à de tels comportements dans les transports en commun. «On m’a farouchement injuriée dans un trolley, parce qu’on m’a entendue parler en arabe avec ma mère. Parfois on ne me laisse pas monter parce que j’ai la poussette. Une fois le chauffeur m’a dit que «la poussette est interdite dans le bus» et une autre fois c’était une dame qui se trouvait à l’intérieur. Et quand je lui ai demandé «Et moi j’y vais comment?» elle m’a répondu «à pied;les bus ce n’est que pour nous, pas pour vous».

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