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January 20, 2014
January 20, 2014

Grèce: Report du procès pour la violence policière

Translator: Tania P.
Source: TVXS  Category: Antifascism
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Grèce: Report du procès pour la violence policière

Deux ans et demi plus tard, dix-huit policiers sont jugés pour la répression brutale contre les manifestants du rassemblement massif qui a eu lieu le 29 juin 2011 contre le programme à moyen terme du gouvernement et le mémorandum. Des images dures ont fait le tour du monde. La police a spontanément  frappé  un grand nombre de manifestants même au sein d’espaces privés. De plus, elle a eu recours à une orgie chimique avec l’utilisation démesurée de gaz lacrymogènes, dénoncée par toutes les associations médicales du pays. Au moins 500 personnes  ont fini à l’hôpital. Lundi, dix-huit hommes de la force DELTA et des CRS, y compris des chefs de sections, se sont retrouvés sur le banc des accusés, au tribunal correctionnel, inculpés pour instigation physique et morale. Selon les informations, le procès a été reporté pour le 16 septembre. Un rassemblement contre la violence policière et la répression a été organisé devant les tribunaux lundi à midi.

LES IMAGES DE LA HONTE

L’orgie de répression du 29 juin s’est répartie dans presque tout le centre d’Athènes, même à Monastiraki, dans les ruelles de Plaka, à Thisio et à Psyrri. Même les clients d’un restaurant ont été attaqués par la force DIAS. La place Syntagma s’est noyée dans les produits chimiques. Leur utilisation s’est répandue jusqu’à l’intérieur  d’une station de métro où les manifestants ont recouru pour se protéger, mais aussi dans l’infirmerie de la place Syntagma, d’où le Président de l’Association Pharmaceutique d’Attique a fait appel pour la cessation immédiate de l’utilisation des gaz lacrymogènes. Au total 3000 gaz lacrymogènes ont été utilisés et le communiqué de la Direction générale de la police d’Attique citait 38 arrestations et 75 détentions.

Une répression violente de manifestants s’est produite au sein même des espaces privés. tvxs.gr a reçu une plainte d’un citoyen stipulant que la police avait envahi un bâtiment résidentiel sur la rue Dionysiou Aréopagite, où s’étaient réfugiés quelques manifestants, malgré les protestations des habitants, et avait frappé un homme sur la tête qui a ensuite été transporté en ambulance à l’hôpital.

Rappelons qu’alors le porte-parole de la police Athanasios Kokkalakis a parlé d’«incidents peut-être isolés» et a défendu l’assaut de la police anti-émeute dans le métro. En revanche, le président de la Fédération Panhellénique des Officiers de Police Christos Fotopoulos a dit: «Je m’excuse auprès des citoyens. C’est honteux».

L’ACTE D’ACCUSATION

L’acte d’accusation de 16 pages contre 18 agents de police est particulièrement lourd. Il a été rapporté entre autres que les forces policières, avec les moyens utilisés contre les manifestants et les parties du corps atteintes (la tête et les organes vitaux), pourraient avoir mis en danger la vie des citoyens ou avoir causé des blessures graves. Notamment, les policiers sont accusés d’avoir abandonné les blessés, entravant pendant longtemps l’arrivée des ambulances pour donner les premiers soins.

En outre, il est précisé que les chefs de pelotons ont ordonné à leurs subordonnés «de procéder indistinctement à l’usage de produits chimiques, d’ asphyxiants et de grenades assourdissantes contre la foule de manifestants rassemblés, causant ainsi des blessures physiques (évanouissements, essoufflements, brûlures et autres blessures) à un grand nombre de citoyens», «d’attaquer à coups de matraque causant des lésions corporelles» et «de jeter de grosses pierres et des morceaux de marbre sur la foule». La police a donc reçu l’ordre de jeter des pierres sur les manifestants. Parmi les blessés il y avait El. Panaretos, président de l’association des travailleurs de l’hôpital Elpis.

Le dossier de l’acte d’accusation comprend des photos des blessés, des photos d’un policier frappant un manifestant, des photos de grenades chimiques, des certificats d’hospitalisation dans les hôpitaux publics (Evangelismos, C. Genimatas et Elpis), des rapports du médecin légiste, 3 DVD de l’endroit où les événements se sont passés, le compte-rendu des conclusions de la Direction Générale de la Police d’Attique et des articles de presse.

Le président de SYRIZA Alexis Tsipras a déposé une première plainte pénale contre les policiers auprès du Procureur de la Cour suprême (2.7.2012) et une deuxième le 9.4.2012, après neuf mois inertie des autorités, et malgré le fait que sa première plainte fut qualifiée d’urgente.

En tant que défenseurs civiques seront présents au procès, la députée de Syriza Zoi Konstantopoulou et le candidat de SYRIZA à la présidence du Barreau d’Athènes M. Papastergiou.

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