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January 26, 2014
January 26, 2014

Grèce, Farmakonisi: Ils nous auraient tous tués, s`ils avaient eu le temps

Source: tvxs  Category: Borders
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Grèce, Farmakonisi: Ils nous auraient tous tués, s`ils avaient eu le temps

“Pourquoi seuls les hommes ont été sauvés?”, un journaliste a demandé Abdol Sabur Azizi, EHsanula Sufi et Fada Mohumad Ahmadi, qui ont répondu: “Dieu nous a sauvé. Les policiers du port grecs ont vu les bateaux turcs et ont été pris de panique. Ils nous auraient tous tués, s`ils avaient eu le temps.”

Trois des réfugiés qui ont survécu la tragédie nouvelle à Farmakonisi ont parlé à la place de Syntagma le 25 janvier. Ils ont répété certains des faits que nous avions lus et écoutés par les mass média. Cependant, la narration était différente car elle n`était pas fragmentaire et décrivait les faits tellement vivement qu`il n`y reste aucun doute qu`un crime a été commis avec des auteurs et des instigateurs.

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Des enfants qui se trouvaient près de nous, debout et assis, à la place de Syntagma, écoutaient les témoignages tragiques. Un ami de l`internet et réfugié de Syrie qui était à côté de moi m`a dit qu`ils étaient enfants qui avaient survécu des naufrages à la mer Égée.

Visiblement abattus, ils expliquaient à plusieurs reprises que, plus de leur deuil et le drame personnel, il est important que la vérité éclate et qu`ils cessent de leur démentir. “Laissez-les nous apporter des psychologues pour nous entendre, pour juger si nous mentons. Nous étions là-bas, le ministre n`y était pas. Notre seule réclamation est que les cadavres de nos aimés soient trouvés.”

“La police portuaire a essayé de nous remorquer vers la Turquie et à cause de la grosse mer et la panique, les gens ont commencé à tomber dans la mer.”

“La barque qui transportait nos femmes et nos enfants s`enfonçait et ces hommes tiraient en l`air et disait “fuck you, we`ll kill you all” (“merde, on va tous vous tuer”). Ensuite, ma femme et mes enfants étaient dans la mer et je les priais de me donner un gilet de sauvetage pour les sauver. Ils m`insultaient. Ils ne me laissaient pas sauver mes aimés. Quand je me suis aperçu qu`ils se seraient noyés, je les ai dit de tuer moi aussi.”

“Ensuite, ils nous ont transporté sur l`île. Ils nous ont amené à un restaurant de luxe pour garder les apparences. Ça n`a pas duré longtemps. Après, ils nous ont jeté dans les cellules de détention, où nous sommes restés pendant des heures avec nos vêtements encore mouillés et les policiers nous battaient. J`ai été dans d’autres pays européens, mais je n`ai jamais vu une telle police.”

“Ils nous ont amené beaucoup de paperasse à signer, sans interprète, sans rien. Quand ils ont amené des interprètes, ils étaient les plus inappropriés, ils étaient persanophones… ils ne comprenaient pas ce que nous disions. Quand le représentant de l`Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) est arrivé, la procédure a changé: ils voulaient montrer qu`ils nous ont sauvé.”

“Maintenant, ils disent que nous les remercions pour nous avoir sauvé, ceux qui ont tué nos enfants et nos femmes. Nous ne disions pas merci, nous pleurions et demandions leurs cadavres.”

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