Thursday 23rd January 2020
x-pressed | an open journal
January 26, 2014
January 26, 2014

Grèce: La condition dans les prisons

Author: A.M. Translator: Tania P.
Source: Epohi  Category: On the crisis
This article is also available in: deelenesit
Grèce: La condition dans les prisons

Lundi dernier le comité parlementaire bipartite a rendu visite à l’hôpital et l’hôpital psychiatrique pour les détenus de la prison de Korydallos. Le comité tient, selon le code de la prison, le droit de rendre des visites dans les prisons du pays en ayant accès à tous leurs espaces. Le comité, composé de son président Andreas Koutsoubas du parti Nouvelle Démocracie (ND) et des députés du SYRIZA Tassos Kourakis, Vasiliki Katrivanou et Stathi Panagouli, a rapporté les conditions médiévales prévalent actuellement dans les deux institutions.

Dans l’hôpital des détenus de Korydallos, qui n’a toujours pas rejoint le ESY (le système national de santé), sont empilés 209 prisonniers alors que l’espace a une capacité d’accueil de 60 patients. La moitié, voire plus, de la population de cet «hôpital» sont séropositifs, 128 personnes qui vivent entassées. Les chambres de l’hôpital ont été converties en chambres de prison régulières, puisque les lits ont été remplacés par des lits superposés, l’un presque collé à l’autre. Les 128 détenus séropositifs sont confrontés à de graves problèmes alors que plusieurs rapports dénoncent un retard dans les traitements médicamenteux. En outre, en raison de la surpopulation, les détenus séropositifs contractent facilement diverses maladies des autres patients de l’hôpital. L’exemple des deux séropositifs qui sont aussi atteints par la tuberculose est caractéristique. Il n’y a que deux médecins permanents, un médecin généraliste et un chirurgien, aucun psychologue et quelques médecins à l’appel qui ne viennent que pour quelques heures par semaine.

La situation est également tragique dans la clinique psychiatrique puisque là-bas sont hospitalisés des patients atteints de maladies psychiatriques sévères ainsi que des détenus toxicomanes dans des conditions inacceptables. Celle-ci doit être la seule clinique psychiatrique dans le monde qui n’a pas de psychiatre permanent mais seulement des psychiatres visitants. Le reste du personnel est minime, avec seulement trois infirmiers et certains gardiens de prison qui  ont aussi un rôle d’infirmier. Le temps de sortie en plein air pour les 259 patients dure seulement 2 heures par jour et le reste du temps les détenus sont contraints de vivre dans un endroit prévu pour 160 personnes.

Et pourtant, les cellules bleues existent…

Cependant, ce qui a le plus choqué le comité étaient les cellules d’isolement, appelées «cellules bleues». Dans l’une des trois se trouvait à ce moment-là un patient sans vêtements et, comme le comité a été informé, certains détenus peuvent être retenus là-dedans jusqu’à cinq jours. La Commission Spéciale de Contrôle de la Protection des Droits des Personnes avec des Troubles Mentaux pendant sa visite aux locaux en mars 2012 avait rapporté: «Au sous-sol il y a trois «cellules bleues». Il s’agit de chambres d’isolement avec une porte et des murs tapissés d’un matériel souple, le sol en béton, sans lit ni matelas. Dans deux de ces cellules se trouvaient deux hommes nus. A la vue des visiteurs ils ont caché avec leurs mains (évidemment par pudeur) leurs organes génitaux. Il y avait de l’urine en dehors de ces cellules».

«Nous aurions plein à dire sur les conditions de détention dans les prisons», a déclaré le député de Syriza Vasiliki Katrivanou, «mais je vais parler uniquement sur la base de ces impressions qui sont au-delà de l’imagination. Les conditions étaient choquantes et j’ai pensé que, dans le bruit de la panique morale et de l’alarmisme de nos jours autour de la prison et de ce que la sécurité signifie, nous devrions plutôt parler de ce qu’est vraiment la sécurité pour les gens de l’hôpital et l’hôpital psychiatrique, le personnel de la prison, médical et infirmier. Lorsque les patients séropositifs sont empilés et des gens atteints de tuberculose sont laissés sans soins et sans traitement, sous quels termes parlons-nous de sécurité? Lorsqu’il y a de l’argent dépensé pour une prison de sécurité maximale et les autorités refusent la proposition des médecins pour des tests sanguins à tous les prisonniers au prix modique de 2.50 euros? De quel type de sécurité parlons-nous pour les prisonniers, le personnel de la prison et la santé publique? Notre réponse à l’alarmisme de nos jours est que sécurité signifie de s’opposer à l’alarmisme et d’avoir la volonté politique de changer radicalement la prison».

This article is also available in:

Translate this in your language

Like this Article? Share it!

Leave A Response