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March 25, 2014
March 25, 2014

Interview de Lo*, anarchiste Bosnienne

Author: Slobodari
Source: Slobodari  Category: Dialogues
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Interview de Lo*, anarchiste Bosnienne

*Lo est un anarchiste de Sarajevo

-2 mois après le début du mouvement contestataire en Bosnie Herzégovine, que ressort-il du mouvement ? Organisez-vous toujours des assemblées populaires, avez-vous réussi à faire entendre vos exigences auprès du gouvernement?

Il n’y a plus de manifestations pour le moment. Différents éléments en sont la cause : la forte répression policière d’une part, la propagante politique et médiatique d’autre part. Au début les assemblées, plenium, débordaient d’une énergie réellement positive. Mais les ONG ont fini par prendre contrôle du mouvement. Ils ont tenté d’imposer leur organisation et ont, par leur discours et leur actes divisés les personnes qui participaient aux plenium et aux assemblées. Il y eu des délations de la part de certains manifestants à l’encontre de certain manifestatnts qui avaient choisi l’action directe au cour des manifestations. Les pleniums sont aujourd’hui décrédibilisés. Le gouvernement n’est plus effrayé par la puissance des pleniums ou des manifestants maintenant que le mouvement c’est fait pacifié. Quand nous avons essayé de créer un mouvement commun afin de faire libérer les gens qui avaient été arrêtés au cours des manifestations, les représentants des ONG se sont mis à différencier les manifestants entre “bons” et “mauvais” manisfestants. Quand notre cammarade Nihal a été arrêté, j’ai essayé d’aller solliciter le soutien des ONG mais ils m’ont répondu que Nihal devait payer pour avoir brûlé des choses. Nous pensions au début que dans un premier temps, 33 personnes avaient été arrêtées. Nous avons par la suite appri qu’ils étaient plus nombreux. La police, parfois prétent avoir libéré des gens quand ce n’est pas vrai. Au commissariat, les gens ont été frappés, tazés et humiliés par la police.

Aujourd’hui, les pleniums ne font plus sens. Les membres des ONG qui ont pris le contrôle du mouvement ont brisé la philosophie du mouvemet en invitant des personalités politiues aux pleniums, notamment le représentant bosnien à la communauté internaionale, Valentin Inzko ainsi que Nicholas Hill, un délégué du parlement italien, allez savoir pourquoi. La seule explication logique que je vois dans la monoplisation des plenium par les ONG est qu’ils comptent utiliser les plenium pour monter leurs propres projets et ensuite demander un soutien financier à l’ambassade des Etats-Unis car nous savons les membres des ONG liés avec l’ambassade des Etats Unis à Sarajevo. Au premiers pleniums, on comptait entre 1000 et 2000 manifestants, aujourd’hui, c’est 100 à 200 personnes qui assistent aux plenium. Beaucoup de personnes ont délaissés les plenium car ils connaissent le mode de fonctionnement des ONG et s’en méfient.

– Les plenium réunissaient des personnes différentes, étudiant, travailleurs, vétérans de la guerre, comment tous ces gens réagissent-ils à la tournure qu’ont pris les manifestations ? Comment réagissent-ils à la présence des ONG?

Quand les manifestation se sont fait plus violentes, beaucoup des personnes plus âgées, qui avaient connu la guerre, comprenait que parfois c’est l’unique chemin pour se faire entendre, pour changer les choses, et nous avons changé fait évoluer certaine chose avec ces manifestations et les plenium. Par exemple, les politiciens, avant, après la fin de leur service, continuaient à touher leur salaire pendant vingt mois. Ce n’est plus le cas aujourd’hui Il faut savoir que toutes les ONG présentes pendant les manifestations appartiennent toutes à un parti politique ou ont le soutien des USA. Les gens ne croient donc plus les ONG et ont délaissé le mouvement quand ils ont pris trop d’influence. Et comme nous n’avons pas d’organisation derrière pour continuer à rassembler les gens. Le mouvement s’éteint simplement.

– Tout le mouvement de BiH est donc parti d’un mouvement spontané. Sans l’influence d’une quelconque organisation?

A Sarajevo, les gens voulaient, au départ seulement montrer leur solidarité avec le mouvement de Tuzal. Les manifestements ont directement subi une forte répression de la part de la police. Des manifestants ont été jetés dans la rivière dépuis les ponts de la ville ! Ils menaçaient les gens de leur armes. Une vieille dame est décédée d’une crise cardiaque quand la police essayait de l’empêcher de protester.

Nous avons pour le moment le projet d’ouvrir un lieu alternatif dans un immeuble abandonné de la ville afin que les gens puissent continuer à se retrouver, échanger leur idée et poursuivre le mouvement dans son énergie de départ, sans l’influence des ONG. Les gens ici se méfient de la politique au point que si tu viens vers eux avec un discours politiues, ils te demandent immédiatement de quel parti tu viens. Dans leur tête c’est soit tu n’es pas politisé, soit tu travail pour la politique. Nous voulons un endroit où les gens pourraient avoir des idées politiques tout en restant libres des partis ou des ONG. Ont entend souvent parler d’une “revolution bosnienne”. Ce n’est pas vraiment un révolution, c’est une évolution. Les gens de BiH ne parlent jamais de lutte des classe, ici il y a la division ethnique ou nationale. Mais aujourd’hui, nous avons pu voir musulmans et croates manifester ensemble, sans différentiation. Les gens commence à réaliser qu’ils sont pareils, avec les mêmes problèmes et que le problème n’est pas à chercher chez le dirigeant mais bien du côté des dirigeants. Ils ont vécu dans leur chair que ni ONG, ni politiques ne leur viendraient en aide.

– Peut-on sentir le même esprit contestataire dans la partie serbe de la BiH?

Il n’y a pas de manifestations massives en Serbie. Quelque marche ont été organisées par les ONG pour montrer leur solidarité avec notre mouement. Il y a deux semaines et avant-hier, un rassemblement de vétérans de la guerre à eu lieu en République Serbe (partie serbe de la BiH), ils ont montrer leur solidarité avec notre mouvement. C’est une réelle évolution car il y a une réelle propagande politique pour diviser les différents groupes ethniques de la BiH. Mais les gens commencent à comprendre qu’avec notre sang, eux font leur argent.

– Les gens en BiH n’avaient donc aucune idée de ce qu’est l’anarchie. Y a-t-il plus d’anarchistes en BiH qu’avant le mouvement ? Le mouvement a-t-il pris de l’importance?

Les gens qui ont assisté aux manifestations ont commencé à avoir une idée positive de l’Anarchie. Avant ces événements, les seuls personnes s’affichant comme proche de l’anarchie étaient les membre des ONG et, de manière générale, ils n’étaient pas appréciés. Aujourd’hui les gens ont compris qu’il y a une réelle lute derrière. Le mouvement volue sur un chemin postif, c’est certain. Les gens, écoeurés de la politique commencent à s’intéresser à l’anarchie, toute génération confondue. Avant, à cause de la guerre, du nationalisme et toute cette merde, il n’y avait pas de place pour l’anarchisme.

– Les plenium ont-ils permis aux travailleurs, aux étudiants, aux retraités, aux habitants de faire entendre leur voix ? Vous avez formulé des exigences via la plateforme slobodari. Quand est-il de tout cela?

Les pleniums n’ont pas pu atteindre leur but de ce point de vue. Les gens ont quitté les plenium car ils ne s’y reconnaissaient plus. Les travailleurs ont repris le travail, les manifestations n’ont plus lieu. Mais je suis certaine que bientôt les gens vont redescendre dans la rue. Justement parce nous n’avons pas terminé. Le mouvement spontané du peuple a été avorté par les ONG. Le problème de base est le manque d’organisation. Les gens ne savent simplement pas comment s’organiser pour être forts.

– Quelle est la base du mécontentement en Bosnie?

Il n’y a rien ici. Le salaire moyen est de 150 € par mois, le salaire minimum est de 20€ par mois. La pension minimum, 1€ par mois. Aucune aide n’est apportée aux étudiants. A la sortie de l’université, il y a beaucoup de discrimination entre les étudiants, beaucoup de diplômés finiront avec des boulots sans rapport avec leur études et beaucoup seront sans emplois. D’un autre côté, nos politiciens sont parmis les mieux payés d’europe. La corruption est un réel problème ici. Et les politiciens, avec leur discours nationalistes, détournent l’attention du peuple. Aujourd’hui les gens, y compris ceux qui ont connu la guerre, ont compris beaucoup de choses et le nationalisme n’est plus populaire. Aujourd’hui, nous sommes ensemble, contre les politiques.

– Comment vois-tu le futur de la BiH?

La seul solution c’est changé notre système politique. Les gens sont écoeuré de ce système qui n’est que le résultat de la guerre et des accords de Dayton. Mais ce système plaît aux politiques, si ils avaient voulu changer le système, ils l’auraient fait. Le système politique est fait pour diviser le peuple tout en l’exploitant et exploitant la haine entre les différents groupes ethnique. Et derrière ce masque, les politiciens s’entendent très bien. Par exemple, le fils du président de la République serbe est marié à une musulmane. Notre président et était ravi. Et parallèlement à cela, le présifent de la RS présente le mouvement en Bosnie comme un mouvement dangeureux pour les serbes. Il a même prétendu que nous avions acheté des armes en vue d’attaquer les serbes. C’est gens font la fête ensemble et ensuite nous vendent un discours de haine.

Quoi qu’il en soit, si les serbes de Bosnie veulent leur indépendance, ils ont le choix. Nous nous allons tout faire pour que notre mouvement ne s’essoufle pas. A Tuzal, les travailleurs ont organisé les plenium dans les usines. J’espère qu’ils parviendront à s’organiser en syndicats indépendants. Il y a des syndicats en BiH mais tous appartiennent à un parti politique. Il y aussi une loi en BiH selon laquelle, dans chaque contrat de travail signé par les travailleurs, il est mentionné l’interdiction d’entrer en grève. Cela peut vous conduire en prison. Par exemple, durant les manifestations, un policier à enlever son casque alors que ses collègues attquaient la population ; il ne voulait pas nous frapper, il voulait nous parler. Je ne fais pas l’appologie de la police, ils restent ce qu’ils sont mais il faut quand même comprendre que la situation ici est différente de ce qu’elle peut être en Europe. Si le policier refuse de travailler et rejoint les manifestants, il risque 15 ans de prison. Certains policiers demandaient aux manifestants de rester pacifistes car sinon, ils n’auraient pas le choix de nous frapper. Certains d’entre eux. Ici les polciers qui ont autour de 40 ans sont pour beaucoup d’entre eux des anciens membres de l’armée non-officiel de Bosnie durant la guerre ; des hommes qui avaient pris les armes pour défendre leur famille et aujourd’hui ils se retrouvent de l’autre côté de la barrière. Nous en avons vu plus d’un pleurer. Mais cela ne les empêchait de nous frapper.

– Avez-vous des camarades qui sont toujours en prison ?

Oui nous avons 6 camarades qui ont été arrêtés suites aux manifestations. Aujourd’hui tous ont été libéré mis à part Nihal. Tous sont en attente de leur sentence, accusés de terrorisme. Nous ne savons pas pourquoi Nihal n’a pas pu être libéré. Je pense que c’est parce qu’il reconnu avoir brûlé des archives gouvernementales. Accusé de terrorisme, il risque de 10 à 20 ans de prison. Nihal comme beaucoup de bosniens, avait toute les raisons d’être en colère. Pendant cinq mois il n’a pas touché son salaire. Ca arrive parfois ici, il y a beaucoup de personne qui ne touche pas l’argent pour lequel ils ont travaillé, les gens sont en colère. Pour Nihal, bien sûr, il a perdu son travail car il est en prison et il n’aura jamais ses cinq mois de salaires. Maintenant nous avons trouvé un avocat qui s’occupe de six personnes accusées de terrorisme dont Nihal. Nous sommes en attente de la sentence. Le 7 avril, ça fera un mois que Nihal est en prison, ils seront obligés de le relâché si les juges ne donnent pas la sentence. Pour le moment nous attendons.

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