Thursday 19th September 2019
x-pressed | an open journal
May 8, 2013
May 8, 2013

L’indigeste Pays-Bas est la nation qui fera exploser l’euro

Author: Matthew Lynn Translator: duolingo
Source: Market Watch  Category: On the crisis
This article is also available in: eneselpt-ptit
L’indigeste Pays-Bas est la nation qui fera exploser l’euro

Quel pays de la zone euro est le plus endetté? Les Grecs dépensiers, avec leurs pensions de retraite généreusement financées par l’Etat? Les Chypriotes et leurs banques remplies d’argent russe suspect? Les Espagnols touchés par la récession ou les Irlandais prospères-et-ruinés?

Aucun de ceux ci-dessus. En fait, ce sont les sobres et responsables Hollandais.

La dette des consommateurs hollandais a atteint 250% du revenu disponible, l’un des niveaux les plus hauts du monde. En Espagne, par comparaison, il n’a jamais été au-dessus de 125%.

NetherlandsHighPersonalDebts

Les Pays-Bas sont devenus l’un des pays les plus endettés du monde. Il est tombé en récession et montre peu de signes de reprise. La crise de l’euro s’éternise depuis maintenant trois ans mais jusqu’à présent elle n’a affecté que les nations périphériques ayant la monnaie unique. Mais les Pays-Bas sont l’un des membres fondateurs de l’Euro et de l’Union Européenne. Si il ne peut pas survivre dans la zone euro, alors le jeu sera réellement chamboulé.

La Hollande a toujours été l’un des pays les plus prospères et stables en Europe – et l’un des plus pro-UE. C’était un membre fondateur de l’union et il était parmi les plus enthousiastes partisans du lancement de la monnaie unique. Avec une économie riche, orientée vers l’exportation et une multitude de multinationales à succès, il avait beaucoup à gagner, on aurait pu supposer, par la création d’une économie unique qui aurait suivie une fois l’euro lancé avec succès.

Mais au lieu de cela il a commencé a joué un script désespéramment familier. Il est en train d’exploser exactement de la même façon que l’Irlande, la Grèce et le Portugal l’ont fait – à part que le fusible a duré un peu plus longtemps.

De faibles taux d’intérêt, fixés principalement pour bénéficier à l’économie allemande, et beaucoup d’argent facile ont mené à une forte augmentation de la propriété et à une explosion de la dette. Du lancement de la monnaie unique au pic du marché, les prix du marché immobilier hollandais ont doublé, en faisant l’un des plus surcoté du monde.

Aujourd’hui il s’est effondré spectaculairement. Les prix immobiliers chutent aussi rapidement qu’ils l’ont fait en Floride quand la bulle immobilière américaine a tourné au vinaigre. Les prix sont maintenant 16.6% plus bas que ce qu’ils étaient au pic de la bulle de 2008. L’association nationale d’agents immobiliers prédit encore une chute de 7% cette année. À moins que vous ayez acheté votre maison au dernier siècle celle-ci sera maintenant évaluée moins que ce que vous aviez payé – et même pire, probablement moins que ce que vous avez emprunté pour elle.

Comme résultat les Néerlandais sont maintenant en train de couler sous une vague de dette. A plus que 250%, la dette des ménages est même plus haute que celle de l’Irlande et 2,5 fois le niveau de celle de la Grèce. Déjà une banque a été sauvée par le gouvernement et avec le prix des maisons toujours en train de chuter il se pourrait bien que d’autres suivent. Les banques néerlandaises ont 650 milliards d’euros impayés en immobilier dont leur valeur est rapidement en train de chuter – et si il y a une chose que nous savons pour sûr sur les marchés financiers c’est que quand le marché immobilier s’effondre, le système financier n’est pas loin derrière.

Les agences de notation financière – pas vraiment les premières organisations à sentir les événements – ont commencé à en tenir compte. En février, Fitch a supprimé l’annotation stable qu’elle avait sur la dette néerlandaise. Le pays est toujours dans la catégorie un triple AAA mais tout juste. L’agence épingle la responsabilité de la chute du prix de l’immobilier, de l’augmentation de la dette du gouvernement et des doutes sur la stabilité du système bancaire – le même mix toxique, familier aux autres pays de la zone euro touchés par la crise.

L’économie a maintenant coulée dans la récession.

Le chômage est en augmentation et atteint maintenant son plus haut en deux décennies. Le nombre total de demandeurs d’emploi a doublé en seulement deux ans et seulement pour le mois de mars il est passé de 7.7% à 8.1% – une augmentation encore plus rapide qu’à Chypre. Le FMI prédit que l’économie va se contracter de 0.5% en 2013 mais ces projections ont une mauvaise habitude de se révéler trop optimistes.

Le gouvernement est en train de rater son objectif de déficit budgétaire malgré l’imposition d’importantes mesures d’austérités en octobre dernier. Exactement comme les autres pays de la zone euro, la Hollande semble actuellement bloquée dans un cycle vicieux d’augmentation du chômage et de chute des rentrées fiscales menant pourtant vers plus d’austérité – et encore plus de coupes et de chômage. Une fois qu’un pays est rentré dans ce circuit il devient très dur de s’en sortir – et encore plus quand il est à l’intérieur de l’euro.

Jusqu’à présent, les Néerlandais ont été l’allié clé de l’Allemagne pour imposer l’austérité à travers le continent comme réponse aux problèmes de la devise. Mais au fur et à mesure que la chute s’aggrave, le soutient des Néerlandais à une cure d’austérité sans fin et la récession – et peut-être même l’euro – va commencer à s’évaporer.

Les autres effondrements dans la zone euro ont été dans la périphérie de la devise. Ils s’agissait de nations marginales et leurs problèmes présentés comme un accident plutôt que comme un défaut systémique dans la manière dont la monnaie avait été assemblée.

Les Grecs ont dépensé beaucoup trop d’argent. Les Irlandais ont laissé leur marché immobilier hors de contrôle. Les Italiens ont toujours eu trop de dette. Mais il ne peux pas y avoir d’excuses pour les Pays-Bas: ils ont suivi toutes les règles.

Il a toujours été claire que la crise de l’euro atteindrait sa phase terminale quand celle-ci toucherait le cœur. De nombreux analystes partent du principe que cela signifie la France. Mais maintenant, pendant que la France affronte de violants problèmes (le chômage monte sans relâche et le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour rendre l’économie moins compétitive) le pays reste toujours riche. Son dette est peut-être élevée, mais il n’est toujours pas dans une situation hors de contrôle ou dans une situation qui menace la stabilité du système bancaire.

Les Pays-Bas sont en train d’atteindre ce point. Cela pourrait prendre une année, voire deux. Mais la chute est en train de se mettre en place et le système financier semble moins stable de jour en jour. En réalité, la Hollande va être le premier pays du noyau à faire faillite – et ce sera une crise beaucoup trop forte pour l’euro.

This article is also available in:

Translate this in your language

Like this Article? Share it!

Leave A Response