Sunday 21st July 2019
x-pressed | an open journal
May 22, 2013
May 22, 2013

L’horrible vérité des libertés religieuses en Grèce

Author: Anda Psarra
Source: EfSyn  Category: Antifascism
This article is also available in: eneselpt-ptit
L’horrible vérité des libertés religieuses en Grèce

Dans les constatations du Département d’Etat pour 2012, l’attention est attirée sur les actions clairement antisémites et racistes de l’Aube Dorée.

Le rapport cinglant du Département d’Etat de 2012 sur les libertés religieuses en Grèce est sans précédent, mais il semble qu’il ait un brillant futur. Cela aurait été une bonne raison pour que l’évêque Mavrosios sonne le glas du fanatisme, au lieu de devenir lui-même la cause d’un autre rapport humiliant sur la tolérance religieuse l’an prochain. Bien que le rapport indique correctement les précautions de la Constitution grecque en matière de tolérance religieuse, il pointe aussi les restrictions et la discrimination sociale envers les autres groupes religieux, non orthodoxes.

Le rapport fait bien sûr référence à la conduite ouvertement antisémite et raciste de l’Aube Dorée, ainsi qu’à ses violentes attaques envers certains individus. L’influence de l’église orthodoxe grecque dans la sphère sociale, politique et économique est aussi mise en lumière, de même que la suspicion avec laquelle sont traités les citoyens grecs non orthodoxes, en particulier les membres de la minorité musulmane en Thrace.

Privilèges

Le rapport fait une brève description de la non-séparation entre l’Eglise et l’Etat en affirmant que: «Le gouvernement étend à l’Eglise orthodoxe des privilèges et des prérogatives qu’elle n’étend pas habituellement aux autres groupes religieux. Le gouvernement paie les salaires et la formation du clergé orthodoxe, finance partiellement l’entretien des bâtiments de l’Eglise orthodoxe et octroie une exemption de taxe sur les revenus immobiliers de l’Eglise orthodoxe. L’instruction religieuse orthodoxe dans les écoles primaires et secondaires, aux frais du gouvernement, est obligatoire pour tous les élèves, bien que les élèves non orthodoxes puissent en être dispensés sur demande». Le rapport se réfère aussi largement aux muftis (juges islamiques) appointés par le gouvernement et aux services qui leur sont autorisés, de même qu’à l’application de la Charia dans la législation familiale.

De plus, le rapport aborde le problème du blasphème, qui est sélectivement passible de peine et la conformité essentiellement inactive de la Grèce aux droits de l’objection de conscience. Il parle de l’arrestation d’un homme de 27 ans accusé de blasphème et d’insulte religieuse pour avoir publié sur facebook une page au nom de «Pastitsios»[1], comme moquerie du nom d’un moine légendaire du Mont Athos.

Il y est fortement mis en avant que l’Aube Dorée, parti politique ouvertement antisémite et xénophobe, a été élu au parlement national pour la première fois avec presque 7% des voix. Le chef du parti, Nikos Michaloliakos a publiquement et à plusieurs reprises nié l’Holocauste et a souvent donné le salut nazi lors d’événements publics. Des passages du “Protocole des Aînés de Zion” ont été lus à l’intérieur du parlement grec.

Des organisations nationales exhortent les autorités à faire davantage pour contrer la rhétorique antisémite de l’Aube Dorée et ses actions violentes.

Enfin, il glane des incidents particuliers:

Des pyromanes s’en sont pris à plusieurs lieux de culte, dont des mosquées officieuses du centre ville d’Athènes et des maisons de Témoins de Jéhovah à Thessaloniki, Igounenitsa et Serres. La police a enquêté dans tous les cas mais n’a pas pu identifier les coupables.

Il y a eu de nombreux rapports d’incidents anti-musulmans. En mars, des vandales ont peint des graffitis, disant «Le meilleur Turc est un Turc mort», sur les murs de la tombe de Bektashi (de l’ordre islamique Soufi) à Xanthi.
Des membres du parti Aube Dorée à moto ont scandé des slogans racistes dans des villages musulmans, à plusieurs occasions.

Il y a eu de plus en plus de signalements de harcèlement et d’attaques de violence physique contre des personnes perçues comme immigrants ou réfugiés, dont beaucoup étaient musulmans.

Le réseau d’enregistrement des violences racistes a décrit des attaques contre 190 victimes d’octobre 2011 à décembre 2012, mais on estime que le nombre total en est plus élevé parce que les migrants sans statut légal craignent souvent de signaler de tels incidents.

Antisémitisme

Les manifestations d’antisémitisme ont augmenté dès l’entrée des membres de l’Aube Dorée au parlement. Le numéro de juillet du journal Eleftheri Ora, apparenté au parti Aube Dorée, contenait des copies d’un livret sur le «Protocole des Aînés de Zion» préfacé par le Père Eusthatios Kollas, président honoraire de l’association des prêtres grecs orthodoxes.

La Cour d’Athènes a repoussé à mai 2013 le procès de journalistes et de représentants de la communauté juive poursuivis en 2007 pour diffamation par l’auteur Kostas Plevris. Les activistes avaient publiquement critiqué les juges qui avaient annulé la condamnation de Plevris pour haine et violence raciale dans son livre «Les Juifs – Toute la Vérité». (Note de la rédaction: ce procès est fixé à aujourd’hui).

L’ambassadeur américain et plusieurs officiels des Etats-Unis, dont le secrétaire général des religions, des édiles municipaux et des membres du parlement, se sont rencontrés pour promouvoir la tolérance et la diversité religieuses et pour inciter le gouvernement à s’exprimer plus fermement contre la rhétorique antisémite et raciste et les actions violentes de l’Aube Dorée.

 

[1]. Cela fait référence à “pastitsio”, un plat traditionnel grec.

This article is also available in:

Translate this in your language

Like this Article? Share it!

Leave A Response